APL

Baisse des APL : quelles conséquences ?

La polémique enfle autour de la baisse des APL. Dans le même temps, on entend un peu tout et son contraire au sujet de cette aide financière. On a donc souhaité remettre les choses à plat.

Les APL font-ils augmenter les loyers ?

A ce sujet, plusieurs études et notes de travail se contredisent. Cependant, l’étude qui a permis d’argumenter en faveur de la baisse des APL, rédigée par l’économiste Gabrielle Fack, date de 2005. On ne peut donc plus la considérer d’actualité.

Une étude plus récente, dont nous pouvons lire les résultats dans un article du Monde, intitulé « L’effet dopant des APL sur les loyers contesté« , tendrait à démontrer que cet effet inflationniste (augmentation continue des prix) sur les loyers est largement surévalué.

Depuis 2000, les loyers des allocataires APL auraient augmenté deux fois plus rapidement que les loyers utilisés pour le calcul des aides. Ces loyers qui ont d’ailleurs baissé de 0,6% en moyenne au niveau national depuis le début de l’année. Par conséquent, on ne peut pas considérer qu’il est nécessaire de réduire les APL pour faire baisser les loyers.

Les loyers vont-ils baisser autant que les APL ?

Si les loyers ont baissé de 0,6% c’est avant tout une moyenne, et il s’avère qu’à contrario, les loyers des petites surfaces sont ceux qui ont le plus fortement augmenté et surtout dans les villes étudiantes (là où les petits appartements sont les plus prisés par les jeunes). Cette augmentation des loyers allant jusqu’à près de 11% comme à Dijon !

A ce jour, les professionnels de l’immobilier ne semblent pas décidés à baisser leurs loyers d’autant que les APL, ce qui est compréhensible : « Il y a déjà un effort qui a été fait de la part des bailleurs« , affirmait Géraud Delvolvé, délégué général de l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis), évoquant cette « tendance générale à la baisse » des loyers en France, relayé par le journal Le Parisien.

Baisse des APL dans les logements sociaux, quelles conséquences sur les locataires ?

Le gouvernement promet que la baisse de 60 euros des APL dans le parc social n’aura aucune répercussions sur les locataires, car les loyers devront baisser également de 60 euros. Par conséquent, il est vrai que financièrement, les locataires ne seront probablement pas impactés.

Cependant, selon l’Union sociale de l’habitat, un tiers des bénéficiaires des aides au logement vivent dans le parc public. ce sont donc environ 2 milliards d’euros par an qui manqueront dans les caisses des bailleurs sociaux. En contrepartie, l’État les aident en gelant les taux du livret A : les HLM pourront bénéficier d’une meilleure condition dans les emprunts.

Il n’en reste pas moins que le risque principal de la baisse des APL est de limiter la capacité d’investissement destinée à la construction de nouveaux logements et à entretenir le parc actuel :

« Cet argent [les loyers] ne sert pas à servir des dividendes mais est réinjecté en totalité sur le réinvestissement du patrimoine. Par exemple de la construction, de la réhabilitation, de l’amélioration de la qualité de vie des locataires, etc. », explique Jean-Sébastien Paulus, directeur général de Territoire habitat (Territoire de Belfort, Franche-Comté).

Cette baisse de 60 euros par mois et par foyers pourrait alors se faire ressentir à plus ou moins long terme sur la qualité de vie des habitants, explique le journal Le Monde.

Qualité de vie ou « pouvoir d’achat », des conséquences plus ou moins fortes se feront ressentir avec la baisse de ces aides. Cependant, il y a des solutions pour vous aider à faire face financièrement : il existe de nombreuses autres aides financières liées au logement et quelques astuces peuvent vous permettre de faire des économies en consommant moins et mieux !

 

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